"Le génie consiste à savoir transgresser les règles au moment opportun" Teichmann

Le 15/01/2020 à 10:39

Auteur : Laurent

Critérium-Roi : on y est allés, mes coéquipiers se sont battus, et on a presque gagné !

Les échecs ne sont pas un jeu de hasard ! Certes, mais parfois, les choses ne se passent pas comme prévu.

Grâce aux prodigalités de notre trésorier, nous avons pu arriver sans problèmes au club de Rueil en limousine /taxi /bus pour affronter les terribles leaders du groupe. Visiblement, ils nous avaient sous- estimés, puisqu’ils ne nous dépassaient que de 100 pts. par échiquier. Notre expérience malheureuse en N4 nous a prouvé par le passé que c’était une marge très insuffisante pour s’assurer de la victoire, et nous avons donc débuté le match pleins d’entrain et d’espoir.

Je sais qu’il n’est pas poli de parler de sa partie en premier, mais il s’avère que j’ai passé peu de temps sur l’échiquier ce dimanche. En effet, après un sacrifice de qualité osé dans l’ouverture, je me suis rapidement retrouvé dans une situation où ni mon adversaire ni moi-même ne savions évaluer la validité des compensations : je craignais qu’elles ne s’évaporent et avoir à défendre des heures une triste finale ; tandis qu’il ne voyait pas comment dégager ses pièces… Par conséquent, nous avons lâchement conclu une nulle en dix-sept coups coups et laissé nos coéquipiers faire le boulot…

Karim, bon camarade, m’a assuré que la nulle ne le dérangeait pas (même si je sentais à demi-mots, qu’il aurait préféré que je pousse un peu plus…), vu que la situation sur les trois échiquiers restant était globalement équilibrée : Pierre était foutu, Christian très bien et Karim « mieux que quelques coups auparavant ».

Pourtant, dans l’heure qui suivit, le caractère profondément illogique des échecs amateurs fit son oeuvre et transforma le match en partie de roulette russe. Jugez plutôt : Pierre, malgré une pièce de moins, avait créé des menaces de mat et poussé un pion passé en 6ème ; son adversaire était visiblement fébrile et à l’approche du 40ème semblait prêt à craquer. Christian, après avoir récolté un magnifique pion central dans l’ouverture avait décidé d’intéresser la partie en laissant son roi au centre. Il prévoyait de tout bloquer, mais son adversaire n’avait pas l’air de l’entendre de cette oreille, et il trouva un bon sacrifice de pion pour attaquer le roi au centre : ça chauffait. Enfin, Karim défendait une position un peu passive : son adversaire avait donné une qualité, mais là, les compensations étaient très claires : la phalange de pions blancs avançait inexorablement, telle une centurie romaine sous les ordres d’un cavalier inexpugnable en d4.

Tandis que je commençais à regretter ma désertion précoce en me passant en boucle les paroles des philosophes modernes BigFlo&Oli, les choses se décantèrent en zeitnot… Malheureusement, l’adversaire de Pierre avait réussi à tenir la barre de son navire, et en rendant du matériel, à s’assurer une excellente finale de tours. Du côté de Christian, un sacrifice de dame s’imposait pour survivre.

Fort heureusement, son adversaire loupa un mat et Christian réussit à créer suffisamment de contre jeu pour forcer le perpétuel. Ouf. Pas de miracle pour Pierre qui ne put défendre l’indéfendable.

Restait la partie de Karim, mais son adversaire contrôlait tout et la défaite semblait là aussi n’être qu’une question de temps. Mais justement, le temps manquait un peu, et peut-être par précipitation, peut-être à cause du bruit dans la salle, peut-être parce que Karim avait trouvé une astuce diabolique (j’ai loupé quelques coups apparemment critiques de leur partie), les choses semblaient tenir. Mieux encore, Karim avait un beau pion passé en b2. Son adversaire pouvait le prendre et assurer la nulle ainsi que la victoire de son équipe, mais il opta pour une combinaison de promotion brillante (après tout, les points elo sont chers à ce niveau). Manque de bol, il y avait un grain de sable dans l’engrenage, et non seulement la combinaison faillit, mais la position se retourna comme une crêpe. Karim fit alors parler sa technique implacable et quelques coups plus tard, alea jacta est, César dut capituler face à Lucena…

Résultat : une nulle de bonne facture, en attendant de retrouver l’équipe de Rueil en Nationale la semaine prochaine.


Commentaires

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Hugo le 17/01/2020 à 19:43

Excellent, Laurent :-) Je comprends maintenant le teasing du début de semaine